29.06.2007

Le Cab de Sub va peut-être passer à WordPress

Je m'interroge très sérieusement sur la possibilité de basculer en blog Wordpress.

Cela dit, faire la bascule est très compliqué et peut sérieusement mettre en cause la vie du blog... 

Parmi les inconvénients notables de WordPress, l'extrême rigidité des thèmes, fort peu modifiables... 

Et puis il y aura la nécessité de tout reconfigurer, modifier les liens, les archivages google, les favoris technorati... Des centaines d'heures de travail à modifier !

A voir, donc...  

En finir avec Marianne et Aphatie

Marianne est le journal de l'anti-sarkozysme de droite.

Marianne est un journal qui diffuse régulièrement des thèses néolibérales et néoconservatrices qui le rendent très similaire, en terme de contenu idéologique, à Valeurs Actuelles (journal d'ailleurs plus proche de l'extrême droite que du centre...). Ni plus ni moins.

Au lendemain de la victoire de Sarkozy, Marianne avait sorti son fameux "N'ayez pas peur" : n'ayez pas peur, tout va bien se passer. Finalement, le sarkozysme, c'est pas bien grave, et puis ça nous donne l'occasion de demander "l'explosion du PS". Je sais que beaucoup de blogueurs de gauche de gauche sont favorables à une telle "explosion", mais soyons un tout petit peu logiques. Quel argument Marianne apporte-t-il pour appuyer ses délires de dissolution du PS ?

"Ca permettra de créer enfin un grand parti de centre-gauche et un vrai parti de la gauche authentique". C'est à se demander s'ils ne prennent pas leurs lecteurs pour de gros imbéciles. Car il est bien évident qu'en faisant deux partis à la place d'un seul, qu'est-ce que la gauche va gagner en influence ! Ah, c'est des stratèges à Marianne...

On l'aura compris, ces délires fanatiques de JFK visent en réalité à revalider institutionnellement les divisions idéologiques de la gauche. Scindé en deux partis distincts, à l'italienne, le PS perdra bien évidemment de sa puissance, de son influence, de ses compétences. Voilà précisément ce qui intéresse les bayrouïstes. Aucune personne de gauche ne peut ignorer la profonde et inquiétante débilité de Marianne. Sa duplicité, aussi : en prétendant "aider" la gauche à en finir avec "ses vieux démons" ; JFK et sa bande d'illuminés (de "bullocrates" ?) travaillent activement, et en sous main, à l'absorption du centre-gauche par Bayrou, et donc à l'affaiblissement par le centre et par la gauche d'un PS qui, bonnant malant, fédère aujourd'hui un grand nombre de courants.

C'est d'ailleurs uniquement parce que le PS est une fédération de courants qu'il peut aujourd'hui être à ce niveau. En finir avec Marianne, donc.

Et en finir avec Jean-Michel Aphatie. Le journaliste qui trouve "grotesque" le Shadow Cabinet socialiste. Le journaliste qui explique que le blairisme c'est mieux que le socialisme français (et ses "vieux démons"). A ce stade, je propose un nouveau concept pour le journalisme français : faîtes court, optimisez, utilisez le terme lesvieuxdémonsdusocialismefrançais. Comme ça tout le monde comprend. C'est comme un autre de vos lieux communs : le PS n'apasfaitsamueidéologique. Autant de rengaines qui descendent en dessous du degré zéro de la pensée, de l'histoire même.

Jean-Michel Aphatie n'est pas un journaliste. Jean-Michel Aphatie n'est plus un journaliste. C'est un éditorialiste, dans la lignée des Claude Imbert, des Alain Minc, des Colombani : quelqu'un qui défend des opinions, jamais objectives, jamais neutres, jamais impartiales. Plus grave, même : jamais modérée, jamais ambivalentes, jamais entre-deux (comme essaye de le faire Joffrin, sur le mode "Sarko c'est bien, mais" ; ou "Sarko se trompe mais il a raison"). Aphatie, c'est du bazooka ; de la grosse artillerie néolibérale ; c'est jamais fin, jamais subtil, pas un seul discours concessif, pas un seul constat symétrique, pas une once de recul critique, de modération quelconque.

Immonde univocité pour quelqu'un qui se prétend neutre, jusqu'à dire qu'il ne vote pas. Jean-Michel Aphatie est un poison pour la démocratie et le pluralisme médiatique ; en ce sens que son personnage entier est un mensonge qui mine les médias de l'intérieur en prétendant être neutre et impartial.

28.06.2007

Portrait : MC, fondateur de la "psychosociosophie"

Article à paraître dans le Libération de demain, à la dernière page, propos recueillis par Laurent Mignon et Géraldine Phileau-Monaury (merci à eux).



Lorsqu'on lui demande comment lui est venue l'idée d'une nouvelle discipline, entre le commentaire libre, la littérature, la philosophie, la sociologie, l'analyse politique ou encore la psychanalyse ; MC répond par une pirouette : "Aussi loin que je remonte, j'ai toujours voulu agir." Les plus fervents sarkozystes auront reconnu l'incipit du chef d'oeuvre du Président, "Témoignage". A sa façon, c'est aussi un témoignage décapant de la contemporanéité que livre le psychosociosophe, quotidiennement et par petites touches.

Quel est le but et l'objet de la "psychosociosophie" ?
MC - La psychosociosophie s'inscrit indubitablement dans la droite ligne de la déconstruction et de la généalogie. En ce sens, c'est une discipline nietzschéenne et derridienne de réinscription des énoncés dans les multiples contextes dans lesquels ils s'enchâssent.
Le point de départ, c'est la négation radicale de toute "objectivité". Et c'est aussi un retour aux seventies, et au fameux "tout est politique". Je suis le symptôme du retour aux années soixante-dix : je crois effectivement que tout est politique, que le temps des experts est derrière nous, et que nous sommes désormais dans une période où seule la déconstruction violente, définitive et locale des énoncés permet une appréhension loyale de la politique et de la société. C'est là l'objet de la psychosociosophie : en finir avec le mensonge, si l'on veut. C'est une science morale. [rires]

Vos détracteurs croient voir en vous un nihiliste, voire un sadique...
MC - Oui, je suis sadique. J'allais dire : "et je l'assume", mais ça fait trop Fadela Amara. La démystification apporte une satisfaction à qui la produit. Mais la démystification est un procédé un peu facile, réservé aux bonnes gens pour découvrir de nouveaux sujets de conversation. La psychosociosophie est plus profonde, elle s'enchevêtre à la racine même de l'Être, à la source impalpable des sensations. L'essentiel, c'est de détruire. Sinon, on reste dans la gentille critique centriste, dans le ni-ni ou, pire, dans le "c'est plus compliqué que ça". Tous ces lieux communs forment la pensée centriste, celle qui nourrit les élites. Celle qu'il "faut haïr", comme dit l'ami CSP.

Alors, nihiliste ?
MC - Ca veut un peu tout dire et rien dire à la fois, "nihiliste". Pour la plupart des gens, ça veut dire adorer la mort, le noir, le suicide, etc. ; ce qui est un contresens lamentable. Glucksmann, par exemple, croit sincèrement que les "fous d'Allah" sont nihilistes (puisqu'ils cultivent une "culture de mort"). Ce qui est complètement faux, ce qui est même une aberration. Par définition, un "fou d'Allah" est l'inverse du nihiliste, il a un bloc de certitudes, une croyance aveugle et tenace, et donc il dispose d'une vision du monde hyperstructurée. Alors oui, je suis un peu nihiliste parce que je ne crois pas en grand chose, et je pense même que c'est positif de ne pas croire en grand chose. Il y a une magnifique phrase de Nietzsche : il faut savoir "danser au bord des abîmes" plutôt que de se subordonner à une croyance qui mâche le travail.

On dit aussi que vous êtes un bourgeois de gauche.
MC - Oui, c'est vrai. C'est affolant la haine des gens pour les gaucho qui ne viennent pas des bas-fonds. Soit tu es un "vrai de vrai" et tu es le gaucho légitime, soit tu es un "privilégié", donc un "menteur", donc un "hypocrite", etc. J'ai énormément d'admiration pour les gens de la gauche caviar. Être bourré de fric et mépriser Sarkozy, c'est un tour de force de la pensée. Ces gens devraient être vénérés et glorifiés, plutôt que lapidés. Et je ne sortirai pas le lieu commun habituel, du genre Marx, Jaurès et Blum sont des bourgeois.

Sur votre blog, vous ne conchiez pas Libération
MC - Oui, mais je devrais. Il faut reconnaître que les éditoriaux de Joffrin sont vraiment lénifiants. D'ailleurs, ce type est un vrai gogole.

Tiens, parlons-en : les insultes, c'est un peu votre marque de fabrique...
MC - Oui, j'adore les insultes. Ca relève incroyablement le discours. Houellebecq dit qu'il aime utiliser les insultes en littérature : il faut généraliser cette pratique. L'insulte est drôle, saine, percutante, démystifiante.

Vous avez fait les soldes ?
MC - Oui, mercredi matin, j'étais à neuf heures aux Galeries Lafayette, je n'ai rien acheté ; je suis allé ensuite au BHV homme et je n'ai rien acheté non plus. Tout à l'heure je vais à Noir Kenendy, rue du Roi de Sicile.

Concluez.
MC - Avec Rimbaud : "Et libre soit cette infortune".


La galaxie du Cabinet de subversion


Selon des modalités proches de la blogroll intelligente de Criteo (j'obtiens des résultats assez proches), voici la galaxie du Cabinet de Subversion. Dans l'ordre de proximité :

1. Crise dans les médias
2. Ma vie en narcisse
3. Nuesblog
4. Resse ? Pire encore
5. Le site de la pauvreté intérieure
6. La lettre volée
7. Fred de mai
8. Filaplomb
9. GuiM.fr

De cette liste, ne retenez que Crise dans les médias, Ma vie en narcisse et Filaplomb. Le reste est soit sans intérêt, soit franchement merdique (Nuesblog va faire une entrée fracassante dans mon flop-5 des blogs les plus nuls, moches, mal écrits, vides et réacs du monde).

27.06.2007

Connaissez-vous Gianlouque Mélenchon ?

Ca se passe ici.

La semaine prochaine, découvrez Françoise de Panafieu (pronounce Franssoisy de Pénéfiou).

26.06.2007

Malek Boutih va basculer à droite

Un nom qu'il va sans doute falloir ajouter bien vite à la liste des socialdémocrates passés à droite, mais qui restent bien évidemment de gauche, qui "gardent toutes leurs convictions", qui pensent que Nicolas Sarkozy est peu ou prou un "homme d'Etat", plutôt "de gauche", seul à même de mener les indispensables réformes dont la France a besoin.

Malek Boutih assassine très régulièrement son parti (le Parti Socialiste) dans la presse. D'abord à l'occasion des législatives : il s'est pris une veste. Une humiliation ne fait jamais plaisir, mais Malek Boutih, lui, n'était évidemment pour rien dans son élimination au premier tour : tout est la faute de François Hollande, qui l'a parachuté dans une circonscription ingagnable. Inutile de lui objecter que personne n'est venu s'agenouiller devant lui pour le prier de bien vouloir condescendre à porter les couleurs socialistes dans sa circonscription, et que c'est bien lui qui a réclamé à corps et à cri de pouvoir se présenter.

Ensuite, la "diversité". Quel révolution, en effet, sommes nous en train de vivre, par la grâce de Nicolas Sarkozy : une secrétaire d'Etat noire. Automatiquement, pour Boutih, cela signifie que Sarkozy a remporté "une victoire nette dans les symboles et dans les actes". Et d'ajouter qu'il n'y a "jamais eu de débat politique sur la diversité" au PS. On se demande bien ce qui pourrait sortir d'un tel débat : "Bouh, la diversité c'est caca !". "Non, la diversité c'est super cool !". Effectivement, à quand un débat ?

La frustration, la rancoeur et l'appétit de Malek Boutih sont tels qu'on peut prophétiser sans crainte : un jour ou l'autre, il collaborera avec le régime sarkozyste.

25.06.2007

Le bazooka de la TVA sociale

On croit rêver. Déclaration de François Fillon sur le transfert d'un coût auparavant payé par les entreprises et qu'une réforme veut répercuter sur les prix : "S'il est démontré que cette idée produit une augmentation injuste des prix, nous ne la retiendrons pas".

Il doit s'agir, je suppose, d'une sinistre blague.

1) Il n'y a besoin de nulle démonstration en ce qui concerne le fait que la TVA "sociale" "produit une augmentation injuste des prix". C'est l'essence même de la mesure. Faire payer par vous et moi, indépendament des revenus, un coût qui était auparavant supporté par les entreprises.
2) Cela revient à augmenter la TVA ("non-sociale" ?), donc à faire payer chaque Français dans des proportions strictement égales, et ce sans tenir aucun compte de son niveau de vie, de ses revenus, etc. Exclu ? 24,6% de TVA. Multimilliardaire ? 24,6% de TVA.
3) Sur 100€ de consommation, un clochard en reversera donc 24,6 à l'Etat. François Pinault, lui, par contre, sur 100€ de consommation, en reversera 24,6 à l'Etat. Justice Sociale, j'écris ton nom !
4) Une des lois économiques élémentaires établit que l'on consomme proportionnellement d'autant plus qu'on est pauvre : un ménage modeste ne peut pas se permettre d'épargner ; la part du budget alimentaire d'un ménage riche sera proportionnellement moins grande que celle d'un ménage pauvre. Ce qui revient à faire financer l'allègement des cotisations sociales sarkozyen par les pauvres.

Quel respect pour la France d'en bas, la France qui travaille, la France qui se lève tôt.

Sans compter que lesdits allègements de cotisations sociales (et non de "charges sociales", selon le vocable erroné et manipulateur du MEDEF et de la droite néolibérale), censés réduire drastiquement le chômage et booster la compétitivité, ont lieu depuis vingt ans, tous les programmes les promeuvent inlassablement, comme une interminable rengaine, sans qu'aucun résultat concluant n'ait eu lieu.

Enfin, croit-on vraiment qu'un gouvernement dont l'ambition est de pointer un bazooka sur les 80% de Français qui ne sont pas des nababs ou des nouveaux riches vulgos façon Sarközy retirera son projet de TVA sociale ? Croit-on vraiment qu'il ne s'agit pas seulement, pour Nicolas Sarkozy, de produire un bel effet d'annonce pour remporter les législatives ?

Première mesure économique du gouvernement Fillon : pas de coup de pouce sur le SMIC. Ils ont de la suite dans les idées : les plus pauvres doivent payer. Ils le feront.

 

Ségolène Royal quitte le PS !

lundi 25 juin 2007, 10h35

Ségolène Royal annonce qu'elle quitte le Parti Socialiste

PARIS (AFP) - L'ancienne candidate du Parti Socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, a annoncé lundi à l'AFP qu'elle désirait quitter le Parti Socialiste.

"Mon histoire et mes convictions ont toutes entières été façonnées par le PS, parti auquel j'ai adhéré dès 1978", a rappelé la Présidente de la région Poitou-Charente. "Mais aujourd'hui, je veux continuer l'aventure hors de ma famille initiale, pour rassembler toutes celles et ceux qui veulent que ça change. Toutes celles et ceux qui ont des Désirs d'Avenir".

Ségolène Royal a également annoncé que son association Désirs d'Avenir allait être "transformé en grand parti d'union de la gauche et du centre, susceptible d'accueillir tout le monde dès à présent" et d'être une "véritable machine de guerre contre la politique injuste de Nicolas Sarkozy".

23.06.2007

Avez-vous signé la pétition ASI ?

C'est le moment de le faire...

Pour ma part, je suis un peu circonspect sur la portée des critiques et décryptages d'un journaliste de la presse papier sur le journalisme audiovisuel : Schneidermann se met en scène comme arbitre des élégances, mais son objectivité à lui n'est guère plus objective que celle des médias qu'il analyse... Néanmoins, il sait corriger les erreurs et manipulations des chaînes aux ordres.

Un des seuls bastions de résistance au nouveau langage enchanté du sarkozysme triomphant a disparu. L'heure est grave...

22.06.2007

"Gauche libérale" doit être un oxymore

Hier soir, lors de la fête de la musique, j'ai eu l'occasion de discuter avec une fille que j'avais croisé le soir du 6 mai rue de Solférino. A l'époque, elle pleurait quasiment. Hier soir, donc, elle me sort "Moi je suis pour DSK, enfin je suis surtout antisarkozyste". Stupeur de ma part. "Ben ouais, il parle bien ; c'est ça qu'il faut, une gauche libérale". Une gauche libérale. Etant complètement bourré, je n'ai pas eu l'heur de répartir ; mais durant ma nuit difficile, cette conversation est revenue perturber mon sommeil.

D'abord, on voit que le positionnement de "social-démocrate" de DSK joue sur la personnalisation du politique : comme Sarkozy est un excité, on joue à fond sur l'antisarkozysme. C'est d'ailleurs la confession de ma gauchiste libérale. Je ne comprenais pas pourquoi les DSK faisaient autant de tapage antisarko, à la limite de la diabolisation (ce qui est normalement l'apanage d'une gauche plus radicale), distribuant des bracelets "Génération antisarko", etc. Ce ne sont pas les idées ni le programme de Sarkozy qu'ils combattaient, authentiquement, c'était sa personne, sa personnalité. Le social-démocrate ne reproche à Sarkozy que le fait de ne pas s'appeler Dominique Strauss-Kahn. La défiscalisation des heures sup', il trouve que c'est pas mal ; l'encadrement du droit de grève, faut essayer ; les franchises médicales sont un mal nécessaire, etc.

Si on veut l'application de formules libérales, pourquoi se revendiquer de la gauche ? Quel est l'intérêt ? Il y en a un : un ultralibéral acharné comme François de Closets, par exemple, défend depuis de nombreuses années l'idée d'une gauche social-démocrate qui viendrait au pouvoir pour purger la dette. Il explique que cette gauche fera mieux "passer la pilule" qu'une droite arrogante. Il s'agit donc d'instrumentaliser les valeurs de la gauche pour détruire l'Etat social. Où comment le DSKisme devient le refuge d'une frange d'excités friedmaniens.

"Gauche libérale" ne peut et ne doit être qu'un oxymore.

Après avoir laissé notre amie social-démocrate à ses amours libérales, nous devisions sur sa confession : et pourquoi pas revendiquer un gauchisme de droite ? "Je suis de gauche droitiste". "Je suis de gauche nazie".

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